Les nitrates
Pourquoi les mesure-t-on ?
La baie de Douarnenez est particulièrement sensible au phénomène de marées vertes (lien vers la page dédiée). Or, en période estivale, l’azoteest le facteur limitant des marées vertes. En effet, à cette période la luminosité et la température de l’eau sont favorables au développement des algues vertes. Le seul facteur limitant leur prolifération est la quantité de “nourriture” disponible : l’azote. Parmi toutes les formes chimiques de l’azote (nitrites, nitrates, ammonium…), la forme « nitrate » est à la fois la plus présente dans les cours d’eau et la plus efficace dans la croissance des ulves. Limiter les apports en nitrates dans la baie via les cours d’eau permet de limiter le développement de la biomasse algale.
C’est pourquoi un suivi « nitrates » a été mis en place dès 1999, avant même la création de l’EPAB, par les communautés de communes. Depuis, les protocoles de suivi ont été harmonisés et davantage de cours d’eau sont suivis. En baie de Douarnenez, l’objectif est d’atteindre une concentration de 15 mg/L en moyenne par cours d’eau sur la période estivale afin de diminuer de moitié la masse algale par rapport à l’été 2005. Cette valeur a été fixée comme objectif dans le SAGE Baie de Douarnenez à l’horizon 2027, d’après une modélisation du CEVA et de l’IFREMER réalisée en 2009.
Où et quand ?
21 cours d’eau ont été identifiés dans le cadre du Plan de Lutte contre les Algues Vertes. Après un inventaire exhaustif en 2013, ils ont été séparés en deux catégories :
– les 8 cours d’eau principaux (points rouges sur la carte) sont suivis en continu, à une fréquence hebdomadaire ou bimensuelle selon la saison : Aber, Lestrevet, Kerharo, Lapic, Ris, Pénity, Stalas et Kergaoulédan. A eux seuls, ces 8 cours d’eau contribuent à 80% de la quantité d’azote atteignant le littoral.
– les 13 autres cours d’eau (points orange sur la carte) sont suivis une année sur deux, à une fréquence bimensuelle : Caon, Rostegoff, Porslous, Caméros, Pentrez, Kélérec Nord, Kélérec Sud, Ty Mark, Ty Anquer, Sainte Anne, Trezmalaouen, Kerscampen, et Tréboul.

Un état des lieux a également été réalisé en 2017 sur les cours d’eau du Cap Sizun (communes de Douarnenez, Poullan-sur-Mer et Beuzec-Cap-Sizun) et de la Presqu’île de Crozon (communes de Camaret sur Mer et Crozon) pour mesurer les teneurs en nitrates des petits affluents côtiers et leur participation éventuelle au phénomène d’eutrophisation de la baie.
Enfin, des diagnostics peuvent être réalisés sur certains cours d’eau en particulier à l’échelle beaucoup plus fine.
Comment interpréter les résultats ?
Du point de vue de la législation européenne (la Directive Cadre sur l’Eau, 2000), les cours d’eau du territoire sont en bon état vis-à-vis des nitrates, car aucun ne dépasse la valeur seuil de 50 mg/L. Cependant, la sensibilité de la baie de Douarnenez impose une ambition bien plus grande de réduction des concentrations en nitrates, d’où l’objectif de 15 mg/L.
La concentration seule ne permet pas d’estimer la quantité d’azote transportée par les cours d’eau. A concentration égale, un “grand” cours d’eau comme l’Aber apportera plus d’azote qu’un cours d’eau plus petit comme le Ty Mark, simplement car la quantité d’eau qui circule n’est pas la même. Pour prendre en compte cette notion de quantité d’azote, on utilise donc le débit de chacun des cours d’eau. En multipliant la concentration (mg/L) par le débit (L/s), on obtient une quantité d’azote en fonction du temps : le flux.

L’outil Macroflux développé par l’Agrocampus de Rennes et proposé par la DREAL permet de calculer les flux d’azote à partir de mesures ponctuelles de concentrations en nitrates et de débits journaliers.
Afin de posséder des valeurs de débit fiables, deux stations hydrométriques mesurant en continu la hauteur d’eau ont été installées sur les cours d’eau du Ris et du Kerharo. On obtient ainsi tous les débits des cours d’eau de la baie par extrapolation.
Quelles sont les finalités de ce suivi ?
Evaluer l’efficacité des actions
Le suivi des concentrations en nitrates permet d’évaluer l’efficacité des actions mises en place sur le territoire pour améliorer la qualité de l’eau. A l’échelle d’un bassin versant, il permet d’estimer les résultats et la marge de progression restante. Lors de la restauration de zones humides, la diminution de la teneur en nitrate entre l’amont et l’aval met en lumière l’efficacité d’épuration de ces espaces naturels et donc la pertinence des travaux entrepris. Par exemple, Le suivi des concentrations en amont et en aval du marais de Kervijen de 2009 à 2019 a montré l’efficacité de la gestion active du niveau de l’eau dans le marais, en permettant à l’eau de s’écouler plus lentement dans la zone humide. Une présentation plus détaillée du marais est disponible sur cette page
Identifier les bassins versants prioritaires
Ce suivi met également en évidence les cours d’eau qui ne « répondent » pas comme les autres, c’est-à-dire que les actions menées ne semblent pas avoir d’effet sur la qualité de l’eau. C’est le cas du Porslous, un petit cours d’eau à la limite entre le Porzay et la presqu’île de Crozon. La concentration en nitrate reste en effet parmi les plus élevées du territoire. Il convient alors d’en trouver la raison : il peut s’agir de mauvaises pratiques culturales, d’un manque d’aménagements paysagers, mais également d’un impact de l’assainissement collectif ou non collectif ou encore de la contribution des eaux souterraines. En été 2024, des campagnes de mesures plus poussées seront menées sur ce bassin versant afin de mener l’enquête et d’identifier les sources de contamination. Le même travail a été mené en 2021 et 2022 sur le bassin versant du Stalas. Cette enquête n’a pas permis de mettre en évidence une source ponctuelle (une seule cause particulièrement importante et bien définie), mais plutôt une contamination diffuse sur l’ensemble du bassin versant, avec une contribution importante d’eau souterraine.
Les derniers résultats
Concentration moyenne annuelle des 8 cours d’eau principaux depuis le début de leur suivi

Concentration moyenne mensuelle des 8 cours d’eau principaux pour l’année hydrologique 2022-2023

Valeur et répartition des flux vers la baie pour l’année hydrologique 2022-2023

Contact
Guillemette Preux
Chargée de mission suivi de la qualité de l’eau et tableau de bord du SAGE
02 29 40 41 27 / 07 87 21 19 41






