La qualité des eaux souterraines
Pourquoi suivre les eaux souterraines ?
Sur le territoire de la baie de Douarnenez, cours d’eau et nappes souterraines sont étroitement liés, comme en témoignent les très nombreux lavoirs, sources et fontaines. On dit parfois qu’il n’y a pas de nappe souterraine sur notre territoire. En réalité, c’est surtout qu’il s’agit de nappes « drainantes » de faible capacité et de faible profondeur. Celles-ci sont donc également vulnérables aux pratiques qui ont lieu en surface. De plus, en l’absence de pluie, notamment en été, environ 80% de l’eau qui circule dans les rivières est issue des nappes souterraines : on dit qu’elles soutiennent le débit d’étiage. C’est pourquoi il est important de s’assurer de la qualité de l’eau souterraine. Les eaux souterraines jouent un grand rôle dans un phénomène appelé le temps de réponse des milieux. En effet, les paramètres physico-chimiques comme la concentration en nitrate évoluent beaucoup moins vite dans les nappes souterraines que dans les cours d’eau. Lorsqu’un contaminant a atteint la nappe, il y reste bien plus longtemps que s’il avait atteint un cours d’eau. Ainsi, les effets des actions mises en place à la surface ne sont visibles qu’environ 5 à 10 ans plus tard.
Où et quand ?

Historiquement, 33 sites (sources, résurgences et un forage) ont été échantillonnés une à deux fois par ans entre 2013 et 2020, en hautes eaux (fin de l’hiver) et basses eaux (fin de l’été). Après un bilan en 2020, le nombre de sites a été réduit à 23 et une nouvelle stratégie d’échantillonnage a été mise en place :
- 2 fois/an tous les 2 ans pour les stations où la concentration en nitrates est très variable. On estime que la nappe est particulièrement sensible aux activités en surface, elle est « influencée par les écoulements de sub-surface » ;
- 2 fois/ an tous les 3 ans pour les stations où la concentration en nitrates est constamment élevée, ou en diminution progressive
- 1 fois par an tous les 5 ans pour les stations où la concentration en nitrates est faible ou moyenne, mais stable dans le temps

L’interaction entre nappe et rivière est évaluée par la mesure de paramètres “in situ”, directement sur le terrain : l’oxygène dissout, la conductivité et le pH de l’eau sont mesurés dans l’eau de la source et comparés à ceux du cours d’eau auquel elle contribue. Par le passé, des analyses sur les concentrations en chlorures ont également été menées afin d’identifier d’éventuelles intrusions d’eau saline. Jusqu’à présent, la concentration en pesticides dans les eaux souterraines n’a pas été évaluée.
Les résultats
Attention, selon les stations, les moyennes ne sont pas calculées avec le même nombre de mesures (entre 2 et 53 valeurs) : certains points ne sont plus suivis alors que d’autres font ou ont fait l’objet d’un suivi renforcé.
Le graphique et la carte ci-dessous présente les concentrations moyennes. Cet aperçu des données permet dans un premier temps d’identifier à la fois la charge en nitrates mais également la variabilité des mesures. Il semble que la nature de l’altérite (principalement granitique ou principalement schisteuse) n’entre pas en compte dans la concentration mesurée ou dans la variabilité de celle-ci.


Comment interpréter les résultats ?
La localisation d’un prélèvement est appelée “station”. Chaque station est codifiée avec un code commun à tous les acteurs de l’eau : cela permet d’avoir un référentiel commun et d’accéder facilement aux données sur la banque de données nationale ADES. Voici les codes des stations “eau souterraine” suivies par l’EPAB.







