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Observatoire de la ressource en eau
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Les composés phosphorés

Pourquoi les mesure-t-on ?

Le phosphore provient principalement des amendements agricoles et des dysfonctionnements des systèmes d’assainissement. Si le phosphore est le deuxième facteur limitant le développement des algues vertes dans l’eau salée, il est le premier facteur impliqué dans l’eutrophisation des plans d’eau douce. Il est également un indicateur de l’état des cours d’eau : tout comme l’azote, il est essentiel à la vie mais peut nuire au bon fonctionnement de l’écosystème s’il est présent en trop grande quantité.

Dans les cours d’eau, le phosphore se trouve principalement sous deux formes : le phosphore dissout (principalement des ions orthophosphates PO4 3-) et le phosphore particulaire, qui est une forme “solide”, adsorbée sur des particules de sol. Le phosphore particulaire seul ne peut pas être facilement mesuré au laboratoire. Deux paramètres sont donc suivis : le phosphate et le phosphore total.


Où et quand ?

Les composés phosphorés ont été suivi dans 6 cours d’eau du territoire de 2015 à 2019. Ce suivi a permis d’identifier les bassins versants les plus à risque de transfert de phosphore vers les milieux aquatiques.

Si l’ion phosphate est très mobile dans le sol, le phosphore particulaire lui est principalement retrouvé dans les cours d’eau lors de fortes pluies. Une pluie violente entraîne en effet l’érosion des sols, et si rien ne fait obstacle à l’écoulement de l’eau (comme un talus ou une bande enherbée), les particules de sol chargées de phosphore rejoignent alors les rivières. C’est pourquoi les analyses de phosphore total sont communément réalisées par “temps de pluie”, c’est-à-dire lorsque la pluviométrie cumulée dépasse 10mm en 24h.


Les résultats

Le bilan réalisé sur la période 2013 – 2019 regroupe les données de plusieurs acteurs différents (valeurs historiques des communautés de communes, EPAB, Agence de l’eau Loire Bretagne, Conseil Départemental du Finistère). Il a permis de cibler les bassins versants les plus à risque vis-à-vis des transferts de phosphore. Il ressort de ce bilan :  

  • Aber, Ris et Kerharo : La pollution phosphorée est probablement due à l’érosion des sols agricoles par temps de pluie. Ces épisodes ponctuels ne semblent pas affecter la qualité biologique de ces cours d’eau. La poursuite des efforts pour limiter l’érosion des sols et leur transfert vers les cours d’eau devrait permettre de reconquérir la qualité de l’eau sur ces paramètres.
  • Lapic et Rodig (Pentrez) : Les sources de phosphores y sont multiples et nécessitent à diagnostic plus approfondi. La mise en perspective avec les résultats du suivi des phytosanitaires pourrait apporter un éclairage nouveau, car les mécanismes de transfert du phosphore particulaire et des substances actives phytosanitaires sont similaires.
  • Caon : La pollution phosphorée est sans doute due à l’assainissement collectif. Des travaux de rénovation (STEP et réseau d’assainissement) sont en cours, il serait bon d’évaluer les effets de ces actions par la réalisation de nouvelles analyses.
  • Stalas : La qualité de l’eau est bonne vis-à-vis du phosphore total et dissout. Les résultats ne semblent pas justifier la poursuite d’un suivi de l’EPAB sur ce cours d’eau, d’autant plus que ces paramètres sont toujours suivis mensuellement par le Conseil Départemental du Finistère.

–> Bilan des suivis réalisés sur le paramètre phosphore de 2013 à 2020

Ce rapport présente une synthèse bibliographique présentant le cycle du phosphore dans l’environnement et détaille les résultats du suivi du phosphore (phosphore total et orthophosphates) entre 2013 et 2020.

→ Suivi des temps de transfert du phosphore sur 2 cours d’eau en baie de Douarnenez (2014)

Ce suivi a pour but d’évaluer la réactivité des bassins versants vis-à-vis de la pluviométrie. La concentration en phosphore est mesurée sur deux bassins versants, régulièrement au cours d’un épisode de crue, afin d’évaluer le temps de transfert de cet élément vers les cours d’eau. 


Comment interpréter les résultats ?

Les concentrations en phosphates et en phosphore total sont comparées aux valeurs seuils issues de la législation européenne (la Directive Cadre sur l’Eau, 2000), de manière à déterminer si les cours d’eau du territoire sont ou non en bon état vis-à-vis de ces paramètres. Les concentrations n’évoluant que faiblement d’une année sur l’autre, le suivi a été arrêté en 2020. Cependant, les actions entreprises pour limiter l’érosion des sols se poursuivent, et il est envisagé de lancer une nouvelle année de suivi en 2025 afin d’évaluer l’impact de ces actions.

Pour aller plus loin