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Zones humides

Les inventaires

Un terrain est considéré comme zone humide dès lors qu’une végétation spécifique des milieux humides y est présente et/ou que son sol présente des traces d’engorgement en eau. Ces critères sont détaillés dans l’arrêté ministériel du 24 juin 2008 modifié.

Le territoire du SAGE englobe totalement ou partiellement 23 communes. Les inventaires des zones humides ont été réalisés à l’échelle communale et toutes les communes du SAGE en disposent.
Les délimitations des zones humides sont intégrées dans les documents d’urbanisme. La cartographie reste indicative et évolutive. Sa précision peut toujours être affinée. Elle permet d’alerter les porteurs de projet sur les contraintes environnementales susceptibles de s’appliquer au projet à étudier.
Il est de la responsabilité du porteur de projet de vérifier que son projet n’impactera pas une zone humide. Il peut être nécessaire dans certaines situations de faire procéder à une expertise du terrain pour vérifier s’il répond ou non aux critères d’identification d’une zone humide. En cas de modification, une procédure de mise à jour de l’inventaire est activée.

Consulter le géoportail de l’urbanisme : https://www.geoportail-urbanisme.gouv.fr/

Pour préserver les zones humides, les travaux affectant leur fonctionnement et leurs caractéristiques sont interdits, cela concerne notamment les types de travaux suivants : construction, exhaussement (remblaiement), affouillement (creusement), recouvrement par des dépôts divers, création de plan d’eau, imperméabilisation, drainage.

Inventaire des zones humides en baie de Douarnenez

Dans le Finistère, la réalisation des inventaires des zones humides est cadrée par une démarche départementale.


Les fonctions

Les zones humides assurent de multiples fonctions dont certaines sont facilement perceptibles (débordement des cours d’eau) alors que d’autres sont plus difficilement identifiables à l’œil nu (épuration de l’eau).

Source : Ramsar France

Les principales fonctions sont abordées ci-dessous.

Fonctions épuratoires

Interception des matières en suspension :

Les matières en suspension transportées par l’eau se déposent au niveau des zones humides. Le couvert végétal atténue la vitesse d’écoulement et entraîne le dépôt de ces particules fines.

Régulation des nutriments :

Le processus de dénitrification de l’eau prend place dans des sols où l’eau est dépourvue d’oxygène et où la teneur en matière organique est importante. La flore bactérienne du sol puise alors l’oxygène nécessaire à son développement en dégradant les molécules de nitrates.

Fonctions hydrologiques :

Stockage des eaux de crue ; écrêtement des crues

Grâce à leur capacité de stockage de volumes d’eau, les zones humides participent au retardement des pics de crues et à l’étalement des crues.

Restitution des eaux stockées de manière progressive ; retardement des débits d’étiage

Les sols des zones humides sont constitués de substrats variés capables d’emmagasiner des volumes d’eau importants et à les restituer progressivement aux cours d’eau.

Amélioration du rechargement de la nappe.

La recharge de la nappe a lieu par infiltration des écoulements au travers du sol de la zone humide. Son importance dépend de la surface de la zone et du temps que l’eau y a passé.

Fonctions biologiques :

Continuité écologique (biodiversité, qualité morphologique des cours d’eau)

Les zones humides constituent un corridor de milieux d’une grande diversité d’habitats « humide » autour des cours d’eau. Il s’y développe une faune et une flore spécifique et diversifiée.

Hivernage, migration et reproduction de nombreux oiseaux

Plus de 50% des espèces d’oiseaux dépendent des zones humides pour leur alimentation, leur reproduction ou leur croissance. Ces milieux constituent des zones de halte en période de migration.

Diversité végétale

Près de 30% des espèces végétales remarquables et menacées en France sont liées aux zones humides.


Restauration des zones humides – 2015 – 2022

25 sites ont été réhabilités depuis 2015, pour une surface de 57 hectares.

Ces travaux ont été conduits soit sur propriété privée grâce au volontariat des propriétaires et des agriculteurs soit par la réalisation d’acquisition des terrains à restaurer. Depuis 2018, l’EPAB a acheté 19 hectares de zones humides.

Ces travaux et acquisitions de terrains ont été réalisés grâce aux concours financiers de l’agence de l’eau Loire Bretagne, du conseil départemental du Finistère et de la région Bretagne.


Vous pouvez consulter les fiches ci-dessous présentant pour chaque site, les objectifs, les travaux, le suivi, la gestion et le bilan de chaque chantier.



Stratégie de restauration des zones humides 2022-2027

De 2012 à 2020, les Plans algues vertes 1 et 2 ont été les outils financiers qui ont permis à l’EPAB de mettre en œuvre des travaux de restauration des zones humides. Le cadre de l’action a été défini dans le cadre d’une déclaration d’intérêt général établie à une échelle intercommunale large (17 communes) et englobant de nombreux travaux. Ce cadre a été mobilisé de décembre 2013 au 31 décembre 2020.
A partir de la fin d’année 2020, l’EPAB en partenariat avec le conseil départemental du Finistère, le Forum des marais atlantique, l’agence de l’eau Loire-Bretagne et les services de l’Etat en Finistère (DDTM) a élaboré un projet de stratégie d’action sur les zones humides. Le projet définitif a été validé par les élus en mars 2022.

Elle s’appuie sur :

  • Le recours aux solutions fondées sur la nature et notamment le rétablissement du fonctionnement hydraulique naturel des zones humides,
  • Le volontariat des propriétaires et des agriculteurs,
  • L’acquisition foncière.

Elle est établie sur une période de 6 années, de 2022 à 2027. Les ordres de priorités retenus tiennent compte de :

  • l’état des masses d’eau vis-à-vis du paramètre nitrate,
  • l’impact attendu des travaux proposés,
  • l’historique d’engagement des actions de restauration de zones humides,
  • la surface du site en zone humide qui doit représenter au moins 10 hectares.

Cette stratégie souligne aussi la nécessité d’agir en amont des zones humides en préservant et en restaurant les différents éléments du paysage agricole (haies, talus, boisement et bosquet) qui contribuent à ralentir, intercepter et infiltrer les écoulements avant leur connexion avec les zones humides et les cours d’eau.

Consulter la stratégie de restauration des zones humides et des infrastructures agroécologiques dans les bassins versant de la baie de Douarnenez sur la période 2022-2027


Volet renaturation arrêté ZSCE

Le plan de lutte contre la prolifération des algues vertes (PLAV), prolongé de 2022 à 2027, s’organise autour d’un renforcement réglementaire et d’un certain nombre de dispositifs spécifiques d’accompagnement des exploitations agricoles.

La déclinaison locale du PLAV, le contrat de territoire de la baie de Douarnenez 2022-2024 a été signé le 7 juin 2023. Il fixe les objectifs à atteindre en matière de réduction de la pression azotée et les actions à mettre en œuvre pour y parvenir.

Les arrêtés Zones Soumises à Contraintes Environnementales (ZSCE), pris pour chaque baie « algues vertes », listent un ensemble de mesures volontaires susceptibles de devenir obligatoires, à titre individuel, au terme de 3 années.

L’Epab anime le programme de mesures volontaires de l’arrêté ZSCE, l’arrêté préfectoral définissant le programme d’action volontaire de la baie de Douarnenez visant à diminuer les flux de nitrates contribuant  la prolifération des algues vertes.

Pour les zones humides, les objectifs sont les suivants :

  • Art. 9.1 : Remettre en herbe les zones humides cultivées
  • Art. 9.2 : Protéger les cours d’eau et zones humides par la mise en place de protections en bas de parcelles

Les orientations retenues :

> Accompagnement des 2 mesures par les techniciens de l’EPAB (bocage et zones humides)

> Remise en herbe :

  • 100 % des zones humides cultivées à remettre en herbe
  • Zonage réalisé par DDTM29
  • Tout le territoire algues vertes est concerné

> Protection des zones humides et cours d’eau :

  • 8 bassins versants concernés
  • Zonage d’application étudié par la CRAB (1 552 parcelles concernées et 3 766 ha)
  • Pré-identification de propositions de protection à vérifier par l’EPAB sur le terrain
  • Accompagnement technique et financier par Breizh Bocage et programme arbre du CD29
  • Signature de l’engagement à faire les travaux avant le 31.12.2024
  • Délai de réalisation des travaux 2 ans à compter la date de l’engagement
Parcelles à examiner pour protéger les zones humides et les cours d’eau

Marais de Kervigen

Le marais de Kervigen est un site naturel de 22 hectares, situé sur les communes de Ploéven et Plomodiern, dans le Finistère.

Zone humide rétro-littorale

Elle est établie au revers d’un cordon de galets au niveau de l’estuaire d’une vallée encaissée. Les deux coteaux qui l’entourent culminent, au nord à 61 m, et au sud à 52 m, aux abords du hameau de Penhoat. Le marais est occupé majoritairement par une roselière à roseau commun (Phragmite australis) et certaines parties ont évolué vers de la saulaie.

Expérimentations et évaluations du potentiel de diminution des teneurs en nitrates

En 1990, le bassin versant du Kerharo est retenu par l’Ifremer dans le cadre d’un programme d’études concernant la prolifération des algues vertes sur le littoral breton. L’objectif était de limiter les apports de sels nutritifs participant aux proliférations algales en baie de Douarnenez. L’organisme de recherche s’est intéressé au marais de Kervigen afin d’évaluer le potentiel épurateur que représentait cette roselière littorale.

Les expérimentations auront lieu à partir de 1994. Un barrage mobile est mis en place dans le lit de la rivière du Kerharo, pour faire entrer une partie de l’eau dans le marais. Les mesures ont permis d’estimer la valeur moyenne d’abattement de l’azote par le marais de 9 ha à 40 kg N/j. Elle correspond à une diminution moyenne de 67 % du flux d’azote qui entre dans le marais et à environ 30 % du flux moyen journalier total d’azote transporté par la rivière.

A la suite de cette étude, une démarche de maîtrise foncière a été engagée sur ce site. Le conseil départemental du Finistère en est aujourd’hui propriétaire.

Des travaux ont été réalisé pour pérenniser le principe de dérivation de l’eau du cours d’eau vers la roselière : creusement d’un fossé d’alimentation, pose de 2 vannes et rehaussement d’une berge de la rivière pour accroître la hauteur d’eau dans le marais. Ces travaux ont été conduit en 2003-2004 sous maîtrise d’ouvrage de, la Communauté de commune du Pays de Châteaulin et du Porzay (CCPCP) qui avait à l’époque en charge la mise en œuvre des actions de lutte contre la prolifération des algues vertes. Depuis la fin de l’année 2012, cette compétence a été transférée à l’EPAB qui est devenu gestionnaire hydraulique du site par convention avec le Conseil départemental.

Les deux ouvrages hydrauliques ont été positionnés sur la rivière et en sortie du marais. Le premier permet de remonter la ligne d’eau et d’orienter les écoulements vers la roselière. Le second permet de régler la hauteur d’eau maintenue dans le marais.

Un arrêté préfectoral autorise et définit les règles de gestion applicables à ces 2 ouvrages.

La première mise en eau du marais a eu lieu le 2 mars 2005.

Cordon dunaire

Jusqu’en 2009, l’estuaire du Kerharo était aménagé d’un aqueduc qui permettait l’évacuation de l’eau en tout temps et soustrayait le marais à l’influence de la marée.

Ces aménagements ont été totalement supprimés en 2009 afin de rétablir la dynamique naturelle de l’estuaire et de l’estran de Kervigen.
Au gré des saisons, les variations des quantités d’eau apportées par la rivière et l’agitation de l’océan modifient le tracé de l’eau et la répartition des sédiments. Aujourd’hui ce milieu évolue naturellement. Pendant la période d’étiage, les faibles débits du Kerharo peuvent conduire à une obstruction de la rivière par les galets. Celle-ci ne se réouvrira naturellement qu’à partir de l’automne lorsque les pluies permettront à nouveau à la rivière d’avoir l’énergie suffisante pour déplacer les tonnes de sédiments accumulées.

Espace Naturel Sensible

Le site de Kervigen fait partie des 4 600 hectares d’espaces naturels sensibles (dunes, bois, panoramas, sites archéologiques, zones humides et tourbières) qui sont propriété du Conseil départemental du Finistère. Ces milieux sont protégés, mis en valeur et mis à disposition du public chaque fois que possible, afin de favoriser la découverte du patrimoine naturel et des paysages finistériens.

La définition de la gestion du marais a fait l’objet d’une étude entre 2021 et 2022. Elle établit les objectifs de restauration, préservation et mise en valeur du patrimoine naturel du site et de sa fonction d’amélioration de la qualité de l’eau. Un ensemble d’opérations de gestion y est identifié et hiérarchisé et planifié afin de construire une gestion pérenne et adaptée du site en cohérence avec les différents objectifs sur le long terme. Ces opérations sont établies selon un planning prévisionnel sur 10 ans.

Suivi ornithologique

L’association Bretagne Vivante a procédé aux premières campagnes de baguage à Kervijen en août 2006, pour étudier la fréquentation du marais par les fauvettes paludicoles  en migration postnuptiale (GUYONNET et BARGAIN, 2006).

Depuis 2008, l’association Grumpy Nature réalise le suivi de l’avifaune sur le marais, pour plus d’information, visitez le site de Grumpy Nature

Contact

Olivier Robin

Coordinateur du service milieux naturels
02 29 40 41 25/06 47 38 01 88

milieux.naturels@epab.fr