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Valorisation des composts algues vertes – déchets verts

Publié le 22 mai 2024

Le 28 novembre dernier, l’Epab a proposé une rencontre technique agricole concernant la valorisation des composts algues vertes et/ou déchets verts. Il s’agissait de partager l’intérêt et les limites de l’usage de ce type de compost.

Les plateformes de compostage de Plonévez-Porzay et Douarnenez fournissent un produit contrôlé, certifié et normalisé, c’est-à-dire : hygiénisé, conforme à un amendement organique et non nocif. Des analyses laboratoire imposées par la norme permettent d’attester de la qualité du compost. Elles sont disponibles auprès du service déchets des communautés de communes.

Selon la règlementation, c’est un fertilisant de type I (comme le fumier de bovin), il ne nécessite pas de plan d’épandage. Il est utilisable en agriculture biologique et dans les zones conchylicoles sans dérogation. Cependant il doit être intégré au cahier de fertilisation et à la déclaration de flux, les plateformes de compostage y sont également soumises.

Le compost algues vertes – déchets verts possède un pouvoir fertilisant non négligeable. Considérant les principaux minéraux (N, P, K), il possède une composition proche du fumier de bovin. La minéralisation de l’azote est très lente selon la grille du GREN 2023, mais il s’agit de compost sans algues vertes. Pour des composts avec algues vertes, la vitesse de minéralisation pourrait être assez proche du fumier de bovin. C’est une fertilisation de fond avec une action sur le long terme. Les apports des premières années seront plus sensibles dans la déclaration de flux d’azote, que sur le terrain.

Une des craintes soulevées par l’utilisation du compost est le risque de blocage de l’azote. Il a surtout lieu au printemps et avec des composts jeunes. Le rapport C/N pendant le compostage étant élevé, l’azote du sol va être mobilisé pour contribuer à la transformation du compost, et sera temporairement indisponible pour les plantes. C’est la fameuse « faim d’azote ». Les effets peuvent être néfastes, en particulier dans les cultures sous abri ou le maïs, qui requièrent beaucoup d’azote. C’est pourquoi les intervenants ont insisté sur la nécessité d’épandre un compost mûr, où ce phénomène disparaît. Les composts des plateformes de Plonévez-Porzay et Douarnenez subissent un traitement de huit mois à un an, ventilé à plusieurs reprises, pour arriver à complète maturation avant d’être distribué.

Le compost déchet vert-algues vertes est intéressant en tant que fumure de fond, complété par une fumure d’appoint riche en azote (C/N <8, comme le lisier). Il améliore la structure du sol et ses nombreux services : aération et rétention en eau du sol, efficacité de la fertilisation de la culture. Les doses et fréquences d’apport sont bien sûr à raisonner en fonction de la culture, des objectifs de rendement et du type de sol. Dans tous les cas, il vaut mieux faire des apports fractionnés, afin de favoriser la minéralisation, et de ne pas dépasser la dose de 20 t/ha tous les ans pour rester dans les normes vis-à-vis des polluants. Il est conseillé d’épandre le compost idéalement soit en sortie d’hiver le plus tôt possible (15/01 au 15/03) ou à l’automne lorsque c’est possible (avant le 15/11).